Vendredi 9 mars 2012 5 09 /03 /Mars /2012 00:00

Cette semaine aura été riche en évènements ! La cause de toute cette agitation ? Une tache solaire, nommée AR 1429, qui est apparue sur le bord du Soleil (à cause de la rotation de l'étoile sur elle-même) le 2 mars.

 

Cette tache solaire est énorme : elle est même visible à l'oeil nu (sous la forme d'un point). Attention, ne jamais regarder le soleil en face sans protection ! Il faut utiliser un filtre homologué (et non artisanal) : quelques secondes d'observation sans protection correcte suffisent à causer des dommages irréversibles de l'oeil.

 

Un photographe a d'ailleurs réalisé plusieurs photos, sans télescope, de cette tache solaire : il a profité d'une tempête de poussière qui lui a permis de photographier le disque solaire sans danger.

http://www.lecosmographe.com/blog/wp-content/gallery/soleil/solarsurface_davidtremblay.jpgImage du Soleil, on peut voir les taches solaires les plus importantes, dont la tache géante AR 1429.

Photo de David Tremblay, le 7 mars 2012.

 

Le 5 mars, cette région est le siège d'une éruption solaire classée X-1. Un évènement déjà assez important en soi, mais pas vraiment spectaculaire, puisque depuis quelques mois, les éruptions solaires sont redevenues fréquentes : en effet, nous sommes au début d'un cycle solaire de 11 ans, et l'activité solaire ne fait donc qu'augmenter aux cours de ces derniers mois.

 

Le 6 mars, une "petite" éruption solaire a eu lieu au niveau de cette région active, et tôt dans la journée du 7 mars, une éruption bien plus importante a eu lieu (la seconde plus grande éruption solaire de ce nouveau cycle !) : elle a été classée X5.4 (les éruptions solaires sont classées selon leur importance en cinq catégories A, B, C, M et X, qui sont chacune divisée en 10 sous-catégories).

 

http://sdo.gsfc.nasa.gov/gallery/gallery/assets/preview/X5_flare_193_zoom.jpg

La grande "déchirure" blanche n'est pas une image de l'éruption, mais bien une saturation des capteurs du satellite SDO, qui observe le soleil dans l'ultraviolet (ici).Crédit : NASA/SDO

 

 


Voici quelques images et films de cette fameuse éruption, dans différentes longueurs d'ondes, par le satellite SDO de la NASA. La dernière image provient d'un des deux satellite STEREO, qui observent le Soleil en tandem. Sur cette photo, le soleil est caché derrière un disque noir (un coronographe), on peut donc observée la couronne solaire (c'est-à-dire la haute atmosphère du Soleil) et l'éjection de masse coronale qui a accompagné cette éruption solaire. 

 

http://sdo.gsfc.nasa.gov/gallery/gallery/assets/preview/X5flare_1700.jpg

Cette autre image de l'éruption par le satellite SDO, à 170 nm de longueur d'onde (ultraviolet extrême), permet de très bien voir la structure à "double ruban" de l'éruption solaire. Il s'agit d'une des meilleures images de ce type de phénomène...Crédit : NASA/SDO

 

 

Cette éruption a été accompagnée d'une large éjection de masse coronale ; et bien que l'éjection n'ait pas eu lieu dans la direction de la Terre, on s'attendait tout de même à en ressentir les effets, sous la forme d'une tempête magnétique, entre 24h et 48h après l'évènement (le temps que les particules éjectées atteignent notre atmosphère !).

 

http://www.futura-sciences.com/uploads/RTEmagicP_TempeteSolaire7mars2012_Soho_txdam28473_eb7453.jpg

L'éjection de matière coronale du 7 mars observée par l'un des coronographe LASCO de SoHO. Crédit : NASA/SoHO

 

 

Pour en savoir plus sur le déroulement des éruptions solaires, voir l'article précédant (ici) et la page consacrée aux éruptions solaires (ici)

 

 

Qu'est-ce qui provoque une "tempête magnétique" ?

 

Lorsque l'on parle d'une "éjection de masse coronale", on parle donc d'éjection de plasma, issu de la couronne solaire. Ce plasma est composé de particules chargées : des électrons, et des ions. Ce flux de particules chargées, une fois éjecté, voyage dans l'espace... et si la Terre est sur sa trajectoire, des perturbations sont à prévoir !

 

En effet, la Terre possède son propre champ magnétique, et ce champ magnétique peut-être vu comme une sorte de bouclier. Il faut savoir qu'en dehors des éjections de masse coronale, qui libèrent une grande quantité de particules assez soudainement, il y a un flux de particules qui "s'échappe" de l'atmosphère solaire, en continu ! Il s'agit de ce que l'on appelle le "vent solaire".

La magnétosphère est une haute couche de l'atmosphère terrestre, délimitée par l'ionosphère (une couche de plasma, où les particules sont ionisées et donc chargées), et la magnétopause : le "lieu" où l'on a un équilibre entre la pression due au champ magnétique terrestre et la pression dynamique du vent solaire.

 

Mais lorsque la magnétosphère subit des changements importants et soudains, on fait face à une "tempête magnétique". Cela arrive notamment lorsque les particules d'une éjection coronale solaire arrivent dans l'environnement terrestre : comme la densité de particules du vent solaire est alors beaucoup plus élevée, la magnétosphère est perturbée...

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/1/1a/Structure_de_la_magn%C3%A9tosph%C3%A8re.svg/669px-Structure_de_la_magn%C3%A9tosph%C3%A8re.svg.png

Structure de la magnétosphère terrestre (image tirée de Wikipédia). La magnétogaine est une zone de turbulence entre l'onde de choc et la magnétopause. Du côté jour, les cornets polaires agissent comme des entonnoirs dans lesquels les particules électrisées du vent solaire pénètrent (et peuvent provoquer des aurores polaires diurnes).

 

En effet, le flux de particules éjectées lors de l'éjection de masse coronale a son propre champ magnétique, et selon la direction de ce champ, il va plus ou moins interférer avec le champ magnétique solaire. Ainsi, il ne suffit pas qu'un faisceau de particules chargées arrivent aux environs de la Terre pour qu'il y ait une tempête magnétique : il faut également une certaine configuration du champ magnétique... Et il est très difficile de mesurer ce champ magnétique, ou de le prévoir : cela est une grande cause d'incertitude dans la prévision des tempêtes magnétiques.

 

Si le champ du flux de particules solaires est opposé au champ magnétique terrestre, la forme de la magnétosphère est dramaticalement altérée, et on a effectivement une tempête magnétique...

 

Cette tempête magnétique peut durer de quelques heures à quelques jours. Les particules chargées se répandent dans la haute atmosphère terrestre, accumulent de l'énergie et gagnent de la vitesse. Des courants sont donc créés autour des lignes de champ magnétique.

 

Les tempêtes magnétiques ne sont pas toujours dues aux éjections de masse coronale : un autre phénomène peut créer de telles tempêtes. Il s'agit de variations du vent solaire, lorsque un flux de particules rapide du vent solaire interagit avec un autre flux de vent solaire plus lent...

 

Les orages magnétiques sont étudiés en mesurant les variations de la composante horizontale du champ magnétique terrestre, par des instruments au sol. Un indice, appelé indice Kp, est associé à la variation (l'indice Kp varie de 1 à 9). Ces mesures permettent de classer les orages magnétiques en fonction de leur importance : lorsque l'indice Kp atteint 5, l'orage magnétique est classé G1 (orage mineur), alors que si l'indice Kp atteint 9, l'orage magnétique est qualifié d'extrême (G5).

 

 

Quels sont les phénomènes qui ont lieu lors d'une tempête magnétique ?

 

Tout d'abord, un joli spectacle, qui a lieu généralement aux grande latitudes : les aurores polaires (boréales pour le pôle nord, australes pour le pôle sud).

En effet, les particules chargées qui arrivent du Soleil sont "capturées" dans le champ magnétique terrestre, et perturbent la magnétosphère (le champ magnétique change de forme), mais elles perturbent également la ionosphère, couche de particules ionisées de l'atmosphère terrestre, située juste en dessous de la magnétosphère.

Les particules de l'ionosphère sont alors excitées par différents processus. Mais les particules, une fois dans leur état excité, se dé-excitent spontanément, dans un processus qui libère de l'énergie sous forme de photons (radiation). Pour certains atomes, cette radiation a une longueur d'onde dans le visible : par exemple, les atomes d'oxygènes se désexcitent en libérant des photons dont la longueur d'onde correspond à une lumière verte : c'est la couleur la plus commune des aurores polaires !

Les aurores polaires les plus communes généralement constituées de "rideaux" verts, surmontés d'un "bandeau" rouge. La couleur rouge est émise également par une désexcitation de l'oxygène, qui a été excité par un processus différent. La couleur rose que l'on voit parfois est due aux atomes d'azote...

http://www.starfiretor.com/CoreMatrix/PIX/gorgeous_green+red_aurora_appeared_over_Norway_October6,2011_Photo_Sigrid_Neilson.jpg

Sur cette photo de l'aurore du 6 octobre 2011, en Norvège, les deux couleurs (vert et rouge) sont présentes. On voit bien que l'émission verte présente des détails, des formes, alors que l'émission rouge est plus diffuse...

Photo de Sigrid Neilson.

 

Ces aurores ont lieu principalement autour des pôles puisque c'est là que le champ magnétique terrestre est le plus "concentré", et que les effets de la tempête magnétique se font donc le plus ressentir.

http://www.futura-sciences.com/images/aurore_5.jpg

L'ovale polaire : lieu où les aurores polaires ont le plus de chance de se produire. Lors de violentes tempêtes magnétiques, on peut s'attendre à en voir à de plus basses latitudes... Ce qui reste exceptionnel.

Crédit : Futura Sciences/Copyright Photos Philippe Moussette


Les aurores qui sont dues aux particules précipitées dans les cornets polaires (voir schéma de la magnétosphère plus haut) sont des aurores qui ont lieu le jour... Et donc invisibles. Cependant les astronomes les observent dans le domaine ultraviolet.

http://www.nasa.gov/images/content/53432main_image2.jpg

http://www.nasa.gov/images/content/53434main_image3.jpgImages dans l'ultraviolet d'une aurore, le 20 novembre 2011, prises par le satellite IMAGE. Crédit : NASA/ UC Berkeley

 

Mais lorsqu'on lance une alerte aux tempêtes magnétiques, ce n'est pas seulement pour avertir des jolis spectacles que sont les éruptions solaires ! Il y a plusieurs phénomènes plus négatifs qui peuvent se produire.

 

Tout d'abord, ces particules chargées et accélérées sont dangereuses pour les astronautes se trouvant en orbite, dans la station spatiale internationale par exemple. Lors de l'arrivée de ce flux de particules, il vont devoir se placer dans l'endroit le plus protégé de la station...

Ces particules peuvent également endommager les capteurs et panneaux solaires des satellites en orbites.

 

Les nuages de particules ionisées "reflètent" les ondes radio, ainsi les communications provenant des satellites sont perturbées. Le suivi des satellites peut donc être entravé. Les émission radio haute fréquences et les systèmes de navigation peuvent ne pas fonctionner normalement : dans ce cas, les vols passant près des pôles ne peuvent pas utiliser leur GPS (ils sont généralement annulés!)

Par exemple, hier (le 8 mars), le capteur du dispositif de suivi des étoiles de la sonde Venus Express a été aveuglé par le flux de particules et à donc cessé momentanément de fonctionner. C'est un appareil classique qui permet de piloter la sonde... Les ingénieurs l'ont mis hors-service, et l'altitude de la sonde a été maintenue par les gyroscopes.

 

De plus, les courants créés peuvent également provoquer des perturbations du réseau électrique directement sur Terre ! Ce sont généralement les transformateurs qui sont endommagés. Cela est déjà arrivé, dans des proportions assez extraordinaires, dans le nord de l'Amérique : en 1965, la panne avait toucher 30 000 000 personnes sur 200 000 km² ; en 1989, une panne similaire avait plongé 6 000 000 personnes dans le noir au Québec.

Il y a d'ailleurs une bonne raison pour que cela arrive dans cette zone et pas ailleurs ! C'est parce que le pôle magnétique est situé plus "près" du continent nord-américain que de l'Europe. On peut voir cela sur une carte des latitudes magnétiques (latitudes autour du pôle magnétique) :

http://www.nwra.com/ionoscint/maps/maplats.gif

Latitudes géomagnétiques (image tirée du site web NorthWest Research Associates). L'Amérique du Nord est située à de plus hautes latitudes géomagnétiques, et est donc plus affectée par les orages magnétiques.

 

Pour toutes ces raisons, l'activité solaire est très surveillée : c'est le domaine de la météo de l'espace. Il est déjà difficile de prévoir le temps qu'il fera, on peut donc comprendre sans problème qu'il est très difficile de prévoir un orage magnétique avec certitude.Cependant, il est très important d'alerter les entreprises et centres qui gèrent les satellites, les astronautes, les aviateurs...

Cette météo de l'espace peut être suivie en général sur le site web Space Weather.

Une visualisation des aurores en temps réel est disponible sur ce site

Pour les pages en français, un article sur la prévision des aurores boréales, et normalement des images en temps quasi-réel sont disponibles sur ce site d'un club amateur

(images basées sur ce site de NOAA)

 

Finalement, l'orage magnétique attendu pour cette fin de semaine n'a pas vraiment été exceptionnel : alors qu'on attendait des aurores à des latitudes plus basses, elles ont eu lieu aux latitudes habituelles... Mais nous avons toujours de magnifiques photos prises par les amateurs et disponibles sur le site de Space Weather. En voici quelques unes, en cliquant dessus vous serez redirigés vers les pages contenant toute la série de chaque photographe !

 

http://spaceweather.com/submissions/pics/t/Timo-Newton-Syms-P1020796b_1331225284_med.jpgPhoto prise en Finlande, le 7 mars 2012, par Timo Newton-Syms

 

http://spaceweather.com/submissions/pics/t/Timo-Veijalainen-revontulim_1__1331213571.jpgPhoto prise en Finlande le 7 mars 2012 par Timo Veijalainen

 

http://spaceweather.com/submissions/pics/a/Aleksander-Chernucho-DSC_3462_1331205183_med.jpgPhoto prise en Russie le 7 mars 2012, par Aleksander Chernucho

 

http://spaceweather.com/submissions/pics/p/Pavel-Kantsurov-2012-03-07-002_1331206319_med.jpgPhoto prise en Russie le 7 mars 2012 par Pavel Kantsurov

 

http://www.cidehom.com/im_articles/772.jpgPhoto prise le 8 mars 2012, à Faskrudsf en Islande, par Jónína Óskarsdóttir

 


Sources

 

Giant sunspot seen through dusty skies, by Jason Major, le 8 mars 2012, site web universe today

Big (X5 level) Flare, sur le site de la NASA consacré au satellite SDO

La tempête solaire aveugle la sonde spatiale Venus Express, article Futura Sciences du 9 mars 2012 par Jean-Luc Goudet

Storms on the Sun, site de la NASA, Karen C. Fox

 

M. Galand, professeur à l'Imperial College London

 

Photos d'aurores du 7 mars 2012 : Timo Newton-Syms, Timo Veijalainen, Aleksander Chernucho, Pavel Kantsurov, Jónína Óskarsdóttir

 

 


Par Sophie - Publié dans : Divers et actualités - Communauté : Ciel et passions
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Mercredi 25 janvier 2012 3 25 /01 /Jan /2012 20:10

Le jeudi 19 janvier a eu lieu une éruption solaire accompagnée d'un évènement à particules important ! L'éruption en elle-même n'était qu'une éruption moyenne (classée M3), mais l'éjection de particules qui l'a accompagnée était importante et a eu lieu en direction de la Terre.

 

 

L'éruption du 19 janvier : tout d'abord, le groupe de taches solaires lié à la zone d'instabilité où a eu lieu l'éruption, puis l'éruption vue par le satellite SDO (Solar Dynamic Observatory) dans deux longueurs d'onde différentes, puis l'éjection de masse coronale vue par le coronographe de Stereo (Solar Terrestrial Relations Observatory) à une plus grande distance. Crédits : NASA

 

 

Les particules chargées (principalement des protons et des électrons) sont arrivées après deux jours de voyage au voisinage de notre planète, et ont interagi avec le champ magnétique terrestre. Une des jolies conséquences de l'interaction de particules chargées avec le champ magnétique terrestre est la formation d'aurores boréales ou australes près des pôles.

Cela n'a pas loupé, le 22 janvier, en Norvège, en Finlande ou en Russie : de très jolies aurores boréales ont eu lieu et ont été immortalisées par quelques photographes bravant le froid ! Mais ça en valait la peine :

 http://www.futura-sciences.com/uploads/RTEmagicP_ak_txdam27222_8d5433.jpg

Photo réalisée au nord de la Finlande, le 22 janvier, par Andy Keen. Crédits : Aurorahunters.com

 

http://www.futura-sciences.com/uploads/RTEmagicP_pk_txdam27223_568de9.jpg

Photo réalisée au nord de la Russie, le 22 janvier, par Pavel Kantsurov. Ce sont principalement les atomes d'oxygène ionisés (par le vent solaire arrivant dans l'atmosphère) qui donnent cette coloration verte aux aurores boréales.

 

Bien sûr, d'autres conséquences sont envisageables, comme la perturbation des télécommunications par satellite ou du réseau électrique. C'est déjà arrivé, et de manière spectaculaire, en 1989 (panne électrique de neuf heures au Québec et dans le Nord-Est des États-Unis) et en 1959 (surtensions du réseau télégraphiques et incendies en Amérique du Nord). Mais l'éjection de masse du 19 janvier ne pouvait pas rivaliser avec ces deux évènements qui restent de violentes exceptions !

 

Le 23 janvier, notre étoile a de nouveau été le siège d'une éruption solaire, plus forte que celle du précédant jeudi (classée M8,7), et même la plus forte depuis 2005 selon la NASA. Cette éruption était particulièrement belle, dans le sens ou elle était accompagnée de nombreuses émissions/évènements :

- rayonnement très important dans le domaine des rayons X

- Éjection de masse coronale

- Accélération de particules chargées : électrons, protons et ions

 

eruption-solaire.PNGSchéma du déroulement d'une éruption solaire et des émissions associées qui peuvent se produire

Lors de l’éruption, l’énergie magnétique libérée (1) dans la couronne solaire est partiellement transférée au milieu, d’une part sous forme de chauffage, et d’autre part sous forme d’énergie cinétique (accélération des particules, mouvement de matière).
Les particules accélérées se propagent également le long des lignes de champ. Une partie s’échappe dans le milieu interplanétaire (elles rayonnent dans le domaine radio, (2)), alors qu’une autre partie est précipitée dans la chromosphère (elles rayonnent dans les domaines X dur et gamma : rayonnement de freinage(3)).
La conduction de la chaleur le long des lignes de champ magnétique vers les basse couches de l’atmosphère, ainsi que les particules précipitées dans la chromosphère qui y perdent leur énergie par collision (4), provoquent une évaporation du plasma de la chromosphère, et donc un mouvement de matière vertical qui alimente les boucles de plasma confiné de la couronne, et participe à leur expansion (5).

 

Pour en savoir plus sur le l'origine et le déroulement des éruptions solaires, voir ma page consacrées aux éruptions solaires

 

 

Lors de l'arrivée de ces particules dans l'atmosphère, le 24 janvier dans l'après-midi, une radiation dans le domaine radio a été émise : émission problématique pour les communications. Par prudence, les avions destinés à voler près de pôle nord ont été retardés, pour éviter des accidents dus au dérèglement de l'électronique à bord.

Ces deux évènements sont encore un indice de la reprise de l'activité solaire, depuis l'an dernier (avec deux ans de retard par rapport aux prévisions) !


 

Sources :

 

L'éruption solaire qui touche la Terre est-elle dangereuse ? article du 24 janvier 2012 par Angela Bolis pour LeMonde.fr

La tempête solaire a touché la Terre, article du 25 janvier 2012 par Jean-Luc Goudet pour Futura-Sciences

En images : les superbes aurores boréales du 22 janvier, article du 24 janvier 2012 par Jean-Baptiste Feldmann pour Futura-Sciences

 

Pour en savoir plus :

 

Site de Aurora hunters (en anglais) : chasseurs d'aurores boréales

Site de STEREO (Solar Terrestrial Relations Observatory), en anglais

Site de SDO (Solar Dynamic Observatory), en anglais

Par Sophie - Publié dans : Divers et actualités - Communauté : Communauté astronomique
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Mardi 6 décembre 2011 2 06 /12 /Déc /2011 17:56

C'est un fait assez rare aujourd'hui, que la découverte d'une comète par un astronome amateur. C'est cependant le cas de l'astronome française Claudine Rinner, qui a découvert la comète qui porte désormais son nom dans la nuit du 28 au 29 novembre 2011.

 

La découverte de la comète Rinner

 

C'est à l'observatoire de l'Oukaimeden, au Maroc, que la découverte a été faite. La comète, immatriculée P/2011 W2, est un corps de la famille de Jupiter : on désigne par ce nom les petits corps (comètes, astéroïdes...) dont l'orbite les situaient aux confins de système solaire, mais qui ont subit la force gravitationnelle de Jupiter de telle sorte que leur orbite à été modifiée et qu'ils passent maintenant plus près du Soleil.

 

http://www.cieletespace.fr/files/imagecache/img_360x270/files/evenements/rinner.jpg

Cette image est le résultat d'une superposition de quatre photos qui ont été centrées sur la comète.

Crédit : Claudine Rinner.

 

La comète Rinner avait une magnitude de 17.6 au moment de sa découverte... Elle ne sera jamais beaucoup plus brillante, son orbite ne l'amenant pas assez près de la Terre pour qu'elle soit visible à l'oeil nu !

 

trajectoire_comet_rinner_29092011.gif Orbite de la comète Rinner dans le système solaire. Crédit : NASA

 

 

Le télescope MOSS

 

Cette découverte a été réalisée environ deux mois après la mise en service du télescope MOSS à l'observatoire de l'Oukaimeden.

 

http://www.ucam.ac.ma/marrakechastro/AllSky/IMG_7423.JPGL'observatoire de l'Oukaimeden. Crédit : Observatoire Universitaire Cadi Ayyad Oukaimeden Maroc

 

 

MOSS (Moroccan Oukaimeden Sky Survey) est en fait le télescope de 500 mm (type Newton) de Claudine Rinner, qui souhaitait le déplacer du sud de la France au Maroc afin de rechercher des petits objets, en partenariat avec les astronomes professionnels de l'université de Marrakech et la Société Jurassienne d'Astronomie. C'est donc un bel exemple de coopération entre professionnels et amateurs !

 

http://astrosurf.com/rinner/images/t500-1.jpgLe télescope de Newton de 500 mm de Claudine Rinner. Crédit : Claudine Rinner

 

Cette installation avait déjà fait parler d'elle quelques jours avant la découverte de cette comète, pour la découverte cette fois d'un astéroïde géocroiseur : une découverte rare elle aussi !

 

En l'espace d'un mois et demi, le télescope MOSS a permis l'observation d'environ 1500 astéroïdes, dont 70 étaient inconnus jusque là. Cette performance permet de prédire un bel avenir à MOSS, qui peut avoir sa place parmi les grands programmes mondiaux de surveillance des petits corps du système solaire !

 

MOSS découvre un astéroïde géocroiseur

 

Dans la nuit du 15 au 16 novembre 2011, un nouvel astéroïde géocroiseur a été découvert... Un objet rare : sur un peu plus d'un demi-million d'astéroïdes répertoriés dans le système solaire, seule une dizaine de milliers d'entre eux sont qualifiés de "géocroiseurs" : c'est dire si ces objets sont rares. Ils sont également très surveillés, puisque susceptibles de croiser la Terre un jour ! Voyez plutôt l'orbite de cet astéroïde :

 

http://www.cieletespace.fr/modules/tinymce/tinymce/jscripts/tiny_mce/plugins/imagemanager/files/2011vp12.jpgSur ce schéma représentant l'orbite de l'astéroïde et des planètes telluriques, on constate que l'orbite de l'astéroïde approche de très près celle de la Terre. Crédit : NASA

 

D'après les estimations, cet astéroïde serait large d'environ 300 mètres, une taille assez conséquente pour représenter un éventuel danger...

 

Claudine Rinner, une découvreuse d'astéroïdes acharnée !

 

Avant la mise en place du projet MOSS, Claudine Rinner avait déjà découvert par elle-même une impressionnante quantité d'astéroïdes (plus de mille astéroïdes découverts !). Elle commence sa "chasse" en 2002, chez elle, après un stage sur la manipulation des caméras CCD.

Habitant en Alsace, Claudine ne dispose pas des conditions d'observation les plus clémentes : elle décide donc d'installer son matériel dans le sud de la France, et de le piloter à distance ! Elle fait donc fabriquer un télescope de 500 mm par des artisans et l'installe à une dizaine de kilomètres de l'observatoire de Haute Provence, à Dauban. Cela lui permettait, depuis 2007, de découvrir encore de nombreux astéroïdes... Et puis, voyant toujours les choses en un peu plus grand, Claudine a voulu envoyer son télescope au Maroc. Depuis un peu plus de deux mois, le projet MOSS est donc en marche, avec 70 astéroïdes et une comète détectés dans ce cours laps de temps. L'aventure semble loin d'être terminée !

 

 

Sources :

 

Une Française découvre une comète, article Ciel et Espace du 30 novembre 2011 par JL Dauvergne

Un astéroïde géocroiseur découvert au Maroc, article Ciel et Espace du 23 novembre 2011 par JL Dauvergne

 

Astroclo : page personnelle de Claudine Rinner

 

Claudine Rinner : une irréductible chez les chasseurs d'astéroïdes, interview de Claudine Rinner par Tristan Vey le 8 août 2008, site web de Sience et Avenir

 

Site web du télescope MOSS

Site web de l'Observatoire Universitaire Cadi Ayyad Oukaimeden Maroc


JPL Small-Body Database Browser, base de données de la NASA des petits corps du système solaire, qui génère notamment les schémas de leurs orbites...

Par Sophie - Publié dans : (Actu) Astronomes Amateurs sous les projecteurs - Communauté : Astronomie
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Vendredi 2 décembre 2011 5 02 /12 /Déc /2011 00:34

Un astronome amateur néo-zélandais, Rolf Wahl Olsen, a photographié le disque protoplanétaire orbitant autour de l'étoile β Pictoris (ciel austral) : c'est un exploit, et une première !

 

 

http://i.pbase.com/o1/03/951103/1/139722640.RCeQLcHb.BetaPictorispresentation16112011.jpg

Photo du disque protoplanétaire autour de β Pictoris. Les pointillés montrent le plan "réel" du disque.

Crédit : Rolf Wahl Olsen

 

Ce disque, formé de débris et poussières, orbite autour de l'étoile. C'est dans ce disque que se forment, par effondrement gravitationnel, des planètes... Ce système est probablement semblable à notre système solaire au moment de sa formation.

 

Une image difficile à obtenir...

 

Une image du disque est très difficile à obtenir, la luminosité de l'étoile étant beaucoup plus forte, et le disque étant très proche de l'étoile. C'est en suivant les idées développées dans un article que Rolf Wahl Olsen a réussi à réaliser cette image avec son équipement : un télescope de 250 mm seulement !

La technique consiste en gros à prendre une image de l'étoile β Pictoris, puis de prendre une image d'une autre étoile similaire. En soustrayant la deuxième image à celle de l'étoile β Pictoris, on soustrait en théorie la contribution de l'étoile ! On peut ainsi espérer révéler le disque protoplanétaire.

 

Lien vers l'article : Observation of the Central Part of the Beta-Pictoris Disk with an Anti-Blooming CCD

 

Rolf Wahl Olsen a tout d'abord réalisé 55 images de 30 secondes chacune de β Pictoris. Ensuite, il a fallu trouver une étoile similaire dans les mêmes conditions. L'article de référence suggérait α Pictoris, qui est d'un type spectral proche de β Pictoris, et qui est située dans la même constellation, et assez proche de sa "soeur", de telle sorte qu'elle est observée dans "les mêmes conditions" (même forme de la figure de diffraction...). La différence à prendre en compte est la différence de magnitude.

D'après les calculs de Rolf Wahl Olsen, α Pictoris est 1.67 fois plus brillante que β Pictoris... Il a donc pris des images de 18 secondes au lieu de 30.

 

La poussière émet dans l'infrarouge ; une amélioration de cette technique consisterait donc à utiliser un filtre laissant passer les infrarouges.

 

 

Qu'est-ce qu'un disque protoplanétaire ?

 

Les étoiles sont formées généralement par effondrement gravitationnel d'une partie d'un nuage moléculaire (un coeur protostellaire). Ce coeur moléculaire est au départ en rotation ; à cause de la conservation du moment angulaire du coeur, seul la matière située près de l'axe de rotation (et possédant de ce fait un faible moment angulaire) "tombe" sur le centre pour former l'étoile, tandis que la matière située loin de l'axe forme un disque tournant autour de la jeune étoile.

Au fil du temps, les forces visqueuses qui agissent au sein du disque ralentissent la rotation de la matière, qui tombe peu à peu sur l'étoile en spiralant autour. C'est pour cela qu'on appelle un tel disque un "disque d'accrétion".

 

Mais pourquoi parle-t-on de disque protoplanétaire ? Parce que le disque d'accrétion est important pour comprendre aussi bien la formation stellaire que la formation planétaire. Il existe deux modèles de formation planétaire : la formation par instabilité gravitationnelle du disque, et la formation planétaire via les "planétésimaux".

 

Dans le premier scénario, les planètes sont formées à partir d'un effondrement gravitationnel dans le disque d'accrétion autour de l'étoile. Pour qu'il y ait effondrement gravitationnel, il faut que la force de gravitation d'une région donnée dans le disque surpasse les forces dues à la pression thermique et la rotation du disque. Lorsque ces conditions sont réunies, la matière de cette région donnée "tombe" au centre, jusqu'à un certain point, et une planète est ainsi formée.

 

Dans le deuxième scénario, qui expliquerait la formation de notre système solaire, ce sont les grains de poussière du disque d'accrétion autour de l'étoile qui "grossissent" à cause des collisions avec les autres grains de poussière. Sous certaines hypothèses, les corps les plus massifs sont ceux qui vont grossir le plus lors des collisions. Ainsi l'écart entre petits et gros corps augmente au cours du temps : les corps solides de taille suffisante sont des planétésimaux, à savoir, de futures planètes ! Ces planétésimaux vont "se nourrir" des petits corps et du gaz du disque protoplanétaire par attraction gravitationnelle ou par collision.

 

Les deux scénarios sont en quelque sorte en compétition, et la formation planétaire n'est pas encore totalement maîtrisée... L'observation de disques protoplanétaire est un moyen de faire des progrès dans ce domaine !

 

Pourquoi le disque rayonne-t-il dans l'infrarouge ? Cela est du à la poussière qui le compose, et qui absorbe le rayonnement environnant (provenant majoritairement de l'étoile), avant de ré-émettre ce rayonnement dans une longueur d'onde plus grande : dans l'infrarouge. La longueur d'onde de ré-émission dépend de la température de la poussière : plus elle est froide, plus la longueur d'onde est grande.

 

 

Petite histoire du disque protoplanétaire autour de β Pictoris

 

Ce disque est le premier disque protoplanétaire a avoir été observé : les chercheurs ont eu vent de sa présence grace aux observations d'IRAS (InfraRed Astronomy Satellite) en 1983 : cette étoile était très brillante dans l'infrarouge ! Ce rayonnement ne pouvait pas provenir de l'étoile elle-même : elle devait être entourée d'un disque de poussières. Ce disque a été finalement photographié en 1984 par des professionnels américains, Bradford Smith et Richard Terrile, qui ont utilisé un coronographe (une sorte de cache qui agit de manière à créer une éclipse artificielle, pour s'affranchir de la lumière provenant de l'étoile). La technique du coronographe est assez difficile à mettre en oeuvre, c'est pourquoi notre astronome amateur Rolf Wahl Olsena utilisé une autre technique !

 

http://astro.berkeley.edu/~kalas/disksite/images/bpic84full.jpg

L'image du disque obtenue en 1984 par Smith et Terrile, crédit : NASA.

 

Après cette découverte, le disque protoplanétaire est très surveillé par les astronomes, particulièrement par une équipe de chercheurs français, avec les télescopes de l'ESO (European Southern Observatory). En ayant la chance d'observer le disque de profils, les astronomes découvrent une petite "bosse", une déformation qui pourrait être due à la présence d'une planète géante dans le disque...

En ré-examinant les données accumulées, il apparaît que l'éclat de l'étoile aurait chuté pendant deux heures le 10 novembre 1981... L'étoile aurait-elle été éclipsée par une planète géante ?

Avec la technique du coronographe, et un nouveau logiciel de traitement d'image, l'astronome Anne-Marie Lagrange découvre, en 2008, sur une photo de l'étoile de 2003, un astre plus petit, juste à côté de l'étoile ! Serait-ce la planète géante enfin dévoilée ? Pas si sûr, cela peut également être une étoile de l'arrière-plan...

C'est quelques mois plus tard que l'observation de l'astre en question de l'autre côté de l'étoile confirme qu'il s'agit bien d'une planète géante (environ 7 fois Jupiter) autour de l'étoile Beta Pictoris !

 

http://ciel.science-et-vie.com/wp-content/uploads/2010/06/Plan%C3%A8te-Beta-Pictoris-b-1024x658.jpg

Sur cette image prise par le VLT, on voit la position de la planète en 2003 puis en 2009. On voit également le disque d'accrétion autour de l'étoile, et la forme du coronographe qui permet de s'affranchir de la luminosité de l'étoile au centre.  Crédit : Science et Vie, ESO.

 

 

 

 

Sources :

 

The protoplanetary disc around Beta Pictoris, 16 novembre 2011, Rolf Wahl Olsen

Planète de l'étoile Beta Pictoris : une traque d'un quart de siècle, article en ligne de Science et Vie, par Serge Brunier le 10 juin 2010

 

The Circumstellar Disk Learning Site, site de Paul Kalas, astronome à l'Université de Californie

 

Cours d'Astrophysics d'Imperial College London, S. Mohanty

 

Par Sophie - Publié dans : (Actu) Astronomes Amateurs sous les projecteurs - Communauté : Ciel et passions
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Dimanche 27 novembre 2011 7 27 /11 /Nov /2011 22:31

Spirit est l'un des deux robots jumeaux envoyés sur la planète Mars en 2003. Leur mission devait initialement durer 90 jours. Spirit a fonctionné pendant 5 ans, trois mois et 27 jours ! Son jumeau, Opportunity, est toujours en fonctionnement...

 

http://www.jpl.nasa.gov/images/mer/20100126/spiritCV-20100126-browse.jpg

Spirit sur Mars : vue d'artiste. Crédit : NASA/JPL-Caltech

 

Récemment, une vidéo retraçant l'aventure du petit robot est sortie. Il s'agit en fait d'une succession de 3418 images prises par la caméra du robot durant son périple. On peut ainsi suivre sa progression sur le sol martien : 7.25 km ont été parcourus !

 

 

Le voyage de Spirit

 

Spirit se pose dans le cratère Gusev le 3 janvier 2004. Ce cratère de grande taille (145 km de diamètre) aurait été formé par l'impact d'une météorite. Ce site a été choisi parce qu'un lac aurait occupé une partie du cratère, à l'époque où Mars possédait un réseau fluvial. Les scientifiques espéraient donc que Spirit trouve des traces de sédiments charriés par le lac.

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/2/28/Spirit_Pancam_janvier2004.jpg

Panorama du site d'atterrissage de Spirit. Crédit:NASA

 

Mais les scientifiques sont déçus : Spirit ne trouve pas de sédiments sur son site d'atterrissage. S'ils existent, ces sédiments sont enfouis ; et aucun affleurement rocheux ne permet au robot d'accéder à des roches plus anciennes. Le 10 février, l'équipe décide donc d'envoyer le robot un peu plus loin, vers un cratère (cratère Bonneville) situé à 250 mètres du site d'atterrissage, qui est peut-être assez profond pour que Spirit y trouve une trace de sédiments.

 

Sur le chemin vers Bonneville, Spirit fait un arrêt au milieu d'une zone ensablée, Laguna Hollow. Il creuse, toujours dans l'espoir de trouver une couche de sédiments, mais en vain.

 

Arrivé au cratère Bonneville, nouvelle déception : le cratère n'est pas assez profond pour révéler une couche de sédiments. Il faut un relief plus accentué, afin de trouver des effleurements rocheux. Le relief le plus proche se trouve à 2.3 km de là : les collines Columbia.

 

Spirit atteint les collines en juin 2004, mais il lui faudra un peu plus d'un an pour grimper sur la plus haute des collines ! Il aura parcouru 4.81 km de grimpette, tout en étudiant les roches sur son passage (il trouve alors des traces d'action de l'eau sous forme liquide !), pour finalement culminer le 21 août 2005 sur cette colline nommée Husband Hill. Pendant son ascension, les panneaux solaires du robots, qui étaient devenus poussiéreux, ont retrouvé toute leur efficacité, grâce à des tourbillons de poussière...

 

Il ne reste plus qu'à redescendre... En février 2006, le robot atteint un affleurement rocheux nommé Home Plate, situé à la base des collines. Cet affleurement semble être constitué de plusieurs couches de roches d'origine volcanique. Spirit y travaille donc, puis se dirige vers une autre colline (McCool Hill)... Mais une de ses roues se bloque. Le robot est immobilisé pendant huit mois (l'hiver martien), en attendant un ensoleillement plus important pour recharger ses batteries. Mais sa roue reste bloquée, le robot doit avancer à l'envers pour compenser un peu cet handicap (c'est une roue avant qui fait défaut). Il est donc plus lent, et sa roue bloquée creuse un sillon dans le sol sur son passage. De cette manière, un sol inhabituel apparaît sous la couche superficielle du sol martien ! En effet, ce sol est composé de 90% de silice ! Ce matériaux ne se forme qu'en présence d'eau !

 

Vers la fin de l'an 2007, Spirit fait face à de violentes tempêtes de sable... Il a déjà parcouru 7.5 km ! Il est immobilisé pour quelques mois, puis continue son chemin malgré des conditions défavorables (peu d'ensoleillement).

Mais les roues du robot s'enfoncent dans une dune de sable, le 26 avril 2009. Toutes les tentatives de dégagement du robot sont vaines, malgré des études sur une réplique de Spirit sur Terre... La NASA décide d'abandonner les tentatives pour libérer le robot au début de l'année 2010. Spirit est désormais une station fixe.

 

Cependant, dans cette nouvelle position, le robot ne peut pas orienter ses panneaux solaires de manière optimale pendant l'hiver. Il ne reçoit plus d'énergie, et la communication est coupée. Une fois l'ensoleillement redevenu important, la NASA a tenté en vain de reprendre contact... de mi juillet 2010 à mai 2011, où les tentatives ont pris fin.

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/0/0c/SpiritTraverseMap.jpg

Carte montrant le trajet de Spirit sur Mars. Crédit: NASA

 

 

Les apports scientifiques de la mission de Spirit

 

La mission de Spirit est l'une des plus réussie, en ce qui concerne l'exploration interplanétaire. Le robot a parcouru plus de 12 fois la distance prévue initialement ! Il fut le premier robot à gravir un colline extraterrestre...

Spirit a envoyé plus de 124000 images, préparant ses "cibles" en les brossant, avant d'en faire une analyse avec ses spectromètres et des images avec un microscope embarqué.

 

Il faut noter cependant que l'une des découverte majeure s'est faite grâce au dysfonctionnement de la roue du robot, qui a permis de révéler une couche formée de silice (presque pure) sous la couche superficielle... En effet cette découverte démontre qu'il y a eu sur Mars des conditions favorables au développement d'une vie microbienne.

 

Spirit a également participé à l'exploration du passé volcanique de la planète rouge lors de ses investigations à Home Plate.

 

Spirit a donc apporté un apport important à l'exploration et à la science. Ce qui est remarquable est l'extensibilité de sa mission : il ne devait au départ n'être qu'un petit robot géologue sur Mars, mais s'est transformé en explorateur presque inépuisable de notre voisine rouge...

 

Pour terminer je vous conseille de cliquer ici, une superbe vidéo de la NASA vous attend, retraçant les moments forts du voyage de Spirit ! (elle peut prendre quelques temps à charger)

 

Sources

 

Tout le périple de Spirit en une vidéo, article Ciel et Espace de Emilie Martin, le 17 novembre 2011

Mars Exploration Rover, article wikipedia

NASA's Spirit rover completes mission on Mars, article de la NASA du 25 mai 2011

 

Pour en savoir plus

 

Spirit et Opportunity, site de la NASA, page de la mission

Mars Exploration Rovers, site de la NASA

 

 

 

 

Par Sophie - Publié dans : Divers et actualités - Communauté : Astronomie
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